FEMMES HOMMES*
DE LA DIFFÉRENCE À l'ÉGALITÉ
ÉVOLUTION OU MUTATION

Comme Francs-Maçonnes et Francs-Maçons, nous sommes attentifs au respect de la dignité de tous les êtres humains, femmes et hommes réunis.

C'est pourquoi nous sommes sensibles à la notion de différences quand celles-ci sont prétexte à des inégalités et même à des discriminations.
D'autre part, l'égalité ne saurait être confondue avec l'uniformité.
Il nous semble nécessaire de rappeler l'attachement que nous avons aux libertés fondamentales et à la pleine jouissance des droits pour toutes et tous.


"Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit" (1948 Déclaration des Droits de l'Homme).

Mais qu'en est-il des femmes ? Certes, elles sont inclues dans le terme "Hommes", mais ne sont-elles pas très souvent exclues dans la réalité sociale, économique et politique, de toute égalité réelle?
Peut-on penser la notion d'égalité avec les différences, c'est-à-dire dans la liberté et le plein exercice des droits pour les deux sexes.
N'est-ce pas notre idéal de fraternité, qui est inscrit dans l'article 1 de la Constitution française ?
"La France assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race, de religion".
D'autre part, la Loi du 8 juillet 1999 mentionne :
"La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives".


Mais où sont-elles ?

L'égalité de droit est confrontée aux inégalités de fait.
Le changement de perspectives inscrit dans les recommandations de la Conférence Internationale des Femmes de Pékin, est important : passer de l'égalité des chances à l'égalité de résultats oblige l'ensemble des politiques, non seulement à intégrer le concept d'égalité à tous niveaux décisionnels, mais aussi à lutter contre tous les stéréotypes.
Ces stéréotypes doivent être dénoncés, en particulier, ceux qui témoignent d'un façonnement dévalorisant de l'image de la femme.
Tous ces comportements induisent la violence dont elles sont les victimes.
Nous ne pouvons que souligner à ce sujet l'importance du rôle catalyseur de l'éducation, mais aussi des médias, de la culture et de tous ceux qui forment l'opinion.
Ainsi, il nous a semblé que les termes : différences et égalité, posaient la problématique de l'évolution ou de la mutation, cette dernière avec un aspect irréversible.
L'évolution correspond à une transformation progressive. La mutation est un événement plus rare, il est source de renouvellement radical. Toute la structure de la société est à reconsidérer.


C'est comparable à une révolution copernicienne. On ne peut plus dire : "désormais tout sera comme avant !".

L'idéologie s'empare très vite du dualisme des sexes. Ce que "l'histoire a fait, l'histoire peut le défaire".
Loin des bons sentiments, ce colloque va nous permettre de réfléchir sur les causes et le devenir de cette question symbolique, en fonction de nos valeurs morales et de notre idéal démocratique.
Pour nous Franc-Maçonnes et Francs-Maçons, la démocratie est une valeur dont le pivot est l'égalité.
Nous sommes conscients de notre patrimoine spirituel et moral. Nous l'avons affirmé maintes fois.
Aujourd'hui, pour toutes et tous, c'est plus qu'un droit que nous exigeons, c'est un devoir d'égalité.
Nous qui voulons faire un monde meilleur et porter l'humanisme au-delà des frontières, nous souhaitons que notre réflexion maçonnique ait un effet d'entraînement pour la société.


Extrait de la Commission Européenne sur l'égalité des chances entre les Femmes et les Hommes.

"La promotion de l'égalité ne concerne pas seulement les femmes, leur épanouissement et leur autonomie, mais aussi les hommes et l'ensemble de la Société pour laquelle elle peut être un moteur de progrès et un gage de démocratie et de pluralisme".


Pour traiter ce thème,
nous avons fait appel à quatre conférenciers :


Geneviève FRAISSE, Philosophe, Députée européenne

"La controverse des sexes"

Françoise HERITIER, Anthropologue Professeure honoraire au Collège de France

"Sommes-nous en train de vivre une révolution copernicienne?"

Michel MAFESSOLI, Professeur de sociologie à la Sorbonne

"Réflexions sur la nouvelle répartition des rôles sociaux"

Patrick TACUSSEL, Professeur de sociologie à l'université de Montpellier

"Changement de valeurs et imaginaire social contemporain dans la relation du masculin et du féminin"


(*) Il nous a semblé plus conforme aux usages en vigueur dans la Communauté européenne de noter "Femmes, Hommes" plutôt que "Hommes, Femmes".

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